Tribunes Cachan Mag – Expression des groupes du conseil municipal
Retrouvez sur cette page les tribunes des groupes du conseil municipal publiées chaque mois dans le Cachan Mag.
En application de la loi du 2 février 2002 relative à la démocratie de proximité, un espace d’expression est réservé aux groupes politiques composant le conseil municipal. Les textes, informations et chiffres publiés engagent l’unique responsabilité de leurs auteurs et reflètent leur seule opinion.
Les tribunes suivantes ont été publiées dans le n°370 de Cachan Mag (Juin 2026).
Samuel Besnard (président), Hélène de Comarmond, Nedra Daoud, Céline Di Mercurio, Narguesse Nazer, Christine Rescoussié, Nirina Rokotovao, Pierre Sabourin, Angélique Susini, Safae Terrisse, Katia Touchet, Camille Vielhescaze, Hervé Willaime
Une culture de résistance
À Cachan, ce printemps, Charivarues et la Fête de la musique feront vivre nos rues et nos quartiers. Des événements culturels populaires, ouverts à toutes et tous, qui permettent de partager ensemble des moments d’émotion faits de plaisirs et de découvertes. Cependant, partout en France, la culture est aujourd’hui fragilisée. Dans le Val-de-Marne comme dans plusieurs régions dirigées par la droite, les soutiens et les subventions diminuent. Ce sont des artistes, des associations et des lieux culturels qui sont directement menacés. Au-delà des budgets, c’est une vision inquiétante de la droite et de l’extrême droite qui progresse : remise en cause de la diversité culturelle, attaques contre la liberté de création, affaiblissement du service public de l’audiovisuel comme on a pu le voir hélas de manière désastreuse à l’Assemblée nationale ces dernières semaines. Face à ces reculs, face à cette marée réactionnaire accentuée par l’arrivée du RN à la tête de plusieurs municipalités, nous faisons ici un autre choix : celui d’une culture populaire, accessible, vivante et émancipatrice. Cachan résiste et nous résisterons encore et toujours face à cette menace de faire de la culture la première victime des temps difficiles.
Léïla Laloupe-Rocher (présidente), Henri Chassagne
Donnons-nous la main car l’école n’est pas finie !
Il y a moins de 150 ans, les lois Ferry ont structuré l’instruction publique autour de 3 principes majeurs : obligation, laïcité et gratuité. Aujourd’hui, on assiste à sa désorganisation. L’Éducation nationale fait les frais de sévères coupes budgétaires et sa mission auprès des enfants et de la jeunesse est très fragilisée. Les écoles maternelles et élémentaires de Cachan n’échappent pas à cette logique. La carte scolaire prévoit des fermetures de classes pour la rentrée prochaine et surtout, elle ne solutionne pas les non-remplacements d’enseignants subis depuis trop longtemps. Au sein de la majorité, les élus communistes sont aux côtés des parents, des équipes éducatives et des syndicats qui demandent simplement un accueil correct et la tenue des cours dans les écoles. Il en va tout de même du développement et de l’avenir des enfants ! Arguant d’une décroissance démographique, l’État justifie ses économies. Pourtant, ses actions sont insuffisantes pour répondre aux besoins d’accompagnement de tous les élèves, y compris ceux en situation de handicap. L’école ne peut pas être le lieu où se vivent les premières inégalités. Parce qu’on apprend mieux dans de bonnes conditions matérielles, Cachan a choisi d’investir dans la rénovation des équipements scolaires. Dans le cadre de ses compétences, la Commune finance des activités extra et périscolaires. Concernant le périmètre de l’Éducation nationale, maintenons la plus large mobilisation pour que l’État entende et fasse !
Le printemps marque la reprise de nos 5 conseils de quartier après l’interruption exigée par la campagne de l’élection municipale. Les animateurs bénévoles de la plupart des conseils vous proposent une date en juin pour reprendre les travaux. Nous ne pouvons que vous encourager à répondre favorablement à l’invitation dans votre quartier. Les conseils de quartier sont un lieu d’écoute et d’échange en proximité, contribuent à l’animation du quartier et à la convivialité, identifient des problèmes et recherchent des voies pour améliorer la vie quotidienne des habitants. La municipalité souhaite donner un nouvel élan à cet acteur de la participation citoyenne. Dans le même temps, les autres outils de participation citoyenne vont aussi reprendre leur place comme les réunions publiques sur les projets de la ville ou le budget participatif. Le programme municipal prévoit aussi de nouvelles modalités d’information et de participation : universités populaires ou conventions citoyennes sont des ambitions réjouissantes à construire dans les prochaines années. À l’heure où d’aucuns voudraient que l’élection vaille visa absolu, voire quitus par avance, la municipalité place au cœur de son programme un mode d’action participatif pour construire nos projets et notre avenir en commun. C’est exigeant mais inclusif. Alors, saisissez ces opportunités de participer et ensemble, décidons notre ville !
Axel Dumont (président), Maëlle Bouglet, David Petiot, Juliette Kies, Julien Jabouin
Pour Cachan, le « droit au beau » !
Depuis 2019 et l’adoption de la Charte « Construire la ville durablement à Cachan », construire la ville de demain ne signifie plus reproduire les modèles urbains standardisés qui effacent les identités locales. Notre ville possède une histoire, un patrimoine et des paysages qu’il faut préserver et réinventer. Face aux défis climatiques et à la crise du logement, nous, écologistes, défendons une autre manière de bâtir : plus sobre, plus belle et plus respectueuse de notre cadre de vie. Une ville agréable est une ville qui respecte son histoire tout en préparant l’avenir. À travers nos délégations, nous voulons promouvoir une identité urbaine cachanaise qui valorise les matériaux biosourcés et locaux ainsi que la rénovation du bâti existant. Construire autrement, c’est aussi mieux intégrer la nature en ville, limiter l’artificialisation des sols, favoriser les îlots de fraîcheur et concevoir des bâtiments économes en énergie. Avec l’ensemble de la majorité, nous souhaitons enraciner cette vision, ce « droit au beau » dans les futurs projets urbains de notre ville, mais aussi en portant une nouvelle charte de l’urbanisme cachanais afin d’imaginer ensemble une ville plus harmonieuse, durable et fidèle à l’âme de Cachan.
Thomas Kekenbosch (président), Maël Boudari Fontaine
Agir dans un monde intoxiqué
En 2025, la mobilisation contre la loi Duplomb l’a pointé du doigt : nous vivons dans un monde pollué, nous mangeons de la nourriture contaminée, nos corps sont intoxiqués, et nous ne l’acceptons plus. On ne compte plus les alertes ! Exposition aux polluants éternels (PFAS), cadmium cancérigène dans les aliments, conservateurs, nitrites facteurs de diabète de type 2… Le 19 mai, l’association Foodwatch a encore révélé la présence dans le thé, le riz, les épices, de dizaines de résidus de pesticides, dont 27 interdits en Europe. Face à cela, politisons notre colère. L’épidémie de cancers n’est pas une fatalité divine : c’est la conséquence concrète de décennies d’empoisonnement. Que fait l’État ? La loi « d’urgence agricole » du gouvernement Lecornu souhaite… assouplir les règles sur les nitrates, financer les engrais, déréguler les élevages intensifs, ou encore faciliter les mégabassines qui accaparent l’eau. Nouveau reniement écologique. La colère des agriculteurs est détournée au profit de l’agro-industrie, sur le dos de notre santé à tous ! À Cachan, nous agissons pour l’alimentation, à notre échelle. Des associations se mobilisent pour l’accès à une alimentation durable, par exemple via des marchés réguliers. Bravo et merci !
Bien se loger est une condition essentielle à une vie décente. Mais le prix des loyers explose, les garanties demandées sont ubuesques et l’accession devient inaccessible. À Cachan aussi, la situation est préoccupante. Les étudiants et jeunes actifs, les familles ou les séniors ont du mal à se loger. Et malgré 41 % de logements sociaux, la Ville ne peut pas répondre aux 20 000 demandes en cours, dont 2 350 émanant de Cachanais·es ! C’est une politique du logement nationale, globale et ambitieuse, dont nous avons besoin. Pourtant, le gouvernement se refuse à réguler le marché. Le ministre du Logement a créé un nouveau dispositif de défiscalisation pour les plus riches et veut remettre en location les « passoires thermiques » qui concernent d’abord les foyers les plus modestes ! Face à cette crise, l’urgence est de faire respecter la loi SRU et de produire plus de logements sociaux, d’inciter les bailleurs à accélérer les rénovations, d’encadrer les loyers pour protéger les habitants face aux abus de certains propriétaires et de remobiliser les logements ou bureaux vacants depuis trop longtemps. Dans le cadre du programme municipal, nous soutenons l’accession sociale à la propriété, la construction de logements sociaux et la lutte contre la spéculation immobilière. Nous défendrons ainsi l’encadrement des loyers au niveau du Conseil territorial, en dépit des manœuvres de blocage de certaines villes de droite. Pour faire du logement un droit humain fondamental, accessible à toutes et à tous.
La dérive autoritaire de la Maire, alliée aux Insoumis, est désormais évidente. L’opposition est sommée dans cette tribune de ne pas dépasser 1 200 caractères quand la majorité s’autorise des messages bien plus longs. Ce n’est pas un détail, c’est un choix politique : brider la parole des autres, assouplir les règles pour soi, c’est réduire la contradiction. Plus grave encore, la majorité a voté « pour » que les frais d’Avocat de la Maire et son Premier Adjoint soient pris en charge par la commune, concernant leurs deux procès faits à Sébastien Trouillas. Mais la majorité a voté « contre » lorsque Sébastien Trouillas a fait la même demande de prise en charge de ses frais d’Avocat par la commune. Alors même que la Justice a condamné la Maire à verser 2 000 € à Sébastien Trouillas pour procédure abusive ! Nous avons contesté ce vote injuste au Tribunal Administratif. À Cachan donc, l’argent public sert à protéger le pouvoir mais pas ceux qui le contestent. En bridant l’opposition, en tentant de l’intimider, la Maire révèle ce qu’elle redoute vraiment : le débat libre. Et quand une majorité doit fausser les règles pour tenir, c’est qu’elle ne tient plus par ses idées.
À Cachan, la promotion du vélo s’inscrit dans une volonté affichée de transition écologique et d’amélioration du cadre de vie. La municipalité met en avant les mobilités douces, mais les résultats restent contrastés. Les infrastructures cyclables existent, mais demeurent souvent fragmentées, peu continues et inégalement sécurisées. Certains axes restent dominés par la voiture, ce qui limite la pratique du vélo, notamment pour les usagers les moins expérimentés. Le manque de séparation physique et la qualité variable des aménagements freinent encore son adoption. La politique cyclable apparaît également insuffisamment intégrée à une vision globale de la mobilité. Les connexions avec les transports en commun et les solutions de stationnement sécurisé, notamment près des gares, restent perfectibles, ce qui limite l’intermodalité. Enfin, les arbitrages urbains traduisent encore une place importante accordée à la voiture, au détriment parfois des mobilités actives. Le vélo progresse donc à Cachan, mais de manière encore incomplète et inégale. Une stratégie plus cohérente, ambitieuse et concertée serait nécessaire pour en faire un véritable pilier des déplacements urbains.