Tribunes Cachan Mag – Expression des groupes du conseil municipal
Retrouvez sur cette page les tribunes des groupes du conseil municipal publiées chaque mois dans le Cachan Mag.
En application de la loi du 2 février 2002 relative à la démocratie de proximité, un espace d’expression est réservé aux groupes politiques composant le conseil municipal. Les textes, informations et chiffres publiés engagent l’unique responsabilité de leurs auteurs et reflètent leur seule opinion.
Les tribunes suivantes ont été publiées dans le n°367 de Cachan Mag (Mars 2026).
Les tribunes précédentes sont accessibles dans la version numérique du magazine municipal.
Groupes de la majorité municipale
Hélène de Comarmond, Samuel Besnard (président), Camille Vielhescaze, Caroline Carlier, Céline Di Mercurio, Hervé Willaime, Pierre-Yves Robin, Christine Rescoussié, Robert Orusco, Yseline Fourtic, Angélique Susini, Katia Touchet
Droits, justice et action pour toutes !
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, rappelons une évidence : l’État de droit et les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité ne sont réels que s’ils s’appliquent pleinement aux femmes. Selon l’ONU, en 2026, les femmes ne bénéficient encore que de 64 % des droits juridiques dont jouissent les hommes à l’échelle mondiale. À ce rythme, il faudrait 286 ans pour combler ces écarts ! Ce n’est pas un simple retard : c’est une remise en cause du principe fondamental posé par la Déclaration universelle des droits de l’homme, et donc des femmes : « Toutes et tous sont égales/égaux devant la loi ». Une justice équitable, ce n’est pas seulement des droits inscrits dans des textes. Ce sont des lois effectivement appliquées, des protections réelles contre les violences, un égal accès à l’éducation, au travail, aux responsabilités publiques. Ce sont des systèmes judiciaires accessibles, exempts de préjugés, qui garantissent à chacune la même protection et la même dignité.
Sous le mot d’ordre « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », la communauté internationale appelle à démanteler les obstacles structurels qui freinent l’égalité. À notre échelle, cela signifie soutenir les associations, lutter contre les discriminations, promouvoir l’égalité dans tous les domaines de la vie sur la commune. Nous affirmons que la République n’est forte que lorsqu’elle tient sa promesse : liberté pour disposer de soi, égalité devant la loi, fraternité-sororité concrète envers celles qui subissent encore les inégalités. Le droit n’est jamais définitivement acquis une fois pour toutes. Il se défend, chaque jour, pour toutes et tous.
Jacques Foulon (président), Sylvie Darracq, Georges Thimotée
Logement : la crise
La crise du logement s’aggrave et frappe une part grandissante de la population.
En ce début février, la publication du 31e rapport de « la Fondation pour le logement des défavorisés » (ex-Fondation Abbé
Pierre) dresse un constat particulièrement alarmant à ce propos. Ainsi : 900 personnes, dont 92 enfants, sont mortes à la rue en 2025, près d’un million de personnes ne disposent pas d’un logement personnel.
Les attributions annuelles de logements sociaux s’effondrent et atteignent le plus bas niveau depuis 10 ans alors que 2,9 millions de personnes sont en attente. Des millions de personnes sont aujourd’hui mal logées. La spéculation immobilière et foncière continue de prospérer, au détriment du droit fondamental à se loger. Le logement est devenu l’un des premiers facteurs d’inégalités et d’insécurité sociale dans notre pays.
Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques qui ont fait du logement une marchandise, livrée aux logiques financières, au lieu d’en faire un bien commun.
Et le budget 2026 va encore aggraver la situation !
Opposés aux politiques d’austérité, nous défendons le droit fondamental à un logement digne, abordable, accessible et écologique, et militons pour des transformations radicales face à l’ampleur de la crise
Défendre et développer le logement social, en priorité pour les ménages aux revenus les plus modestes.
Soutien aux bailleurs publics et aux offices HLM. Imposer les critères de la loi SRU.
Stéphane Rabuel (président), Sandrine Churaqui, Catherine Busson, Emmanuelle Mazuet
Penser global et agir local !
Vous lisez la dernière tribune de notre groupe pour la présente mandature municipale. Nous y illustrons de nouveau la devise de DNV : penser global, agir local ! Sur le versant penser global, nous adressons une alerte sur la montée des extrêmes droites et de ses méfaits : populisme et démagogie, réduction des contre-pouvoirs, répression des opposants, confusion entre pouvoir et affaires… Les États-Unis en sont devenus le triste et révoltant étendard : fake news ou posts racistes sur le réseau social de Trump Truth Social, violences de l’ICE à Minneapolis, affairisme et ingérences européennes de Musk.
En France, le RN joue la même petite musique nauséabonde : enquête parlementaire à charge sur l’audiovisuel public, intervention raciste du député De Fournas en séance, critique larvée des juges supposés rouges dans le procès Le Pen… On continue comme en 1940 ? Sur le versant agir local, l’enjeu est de nous y opposer et de proposer des alternatives pour redonner espoir de progrès et foi en la démocratie. Cela commence ici et maintenant, sans pouvoir en dire plus en cette période de réserve électorale. Alors, nous utilisons nos dernières phrases pour saluer Catherine Busson, conseillère déléguée, non candidate en 2026. Citoyenne engagée, habitante de l’immeuble Courbet, militante au sein d’une amicale de locataires, elle s’est engagée pour les habitants les plus fragiles pendant 9 ans. Permettre la participation de citoyens au conseil municipal est une fierté pour DNV. Merci Catherine, et bonne retraite !
Denis Hercule (président), Julien Jabouin, Lucie Guillet, Maëlle Bouglet, David Petiot
Mettre fin au racisme décomplexé pour retrouver un climat national solidaire et apaisé
Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), qui traite les messages haineux publiés sur Internet, a enregistré 1 072 dossiers en 2025, soit le plus grand nombre de signalements depuis sa création en 2021. Dès le 1er janvier, la haine raciste s’est déchaînée sur un nourrisson parce qu’il était prénommé Zaïd. Les insultes subies par sa famille « rappellent de manière inquiétante la persistance d’un racisme décomplexé, banalisé dans l’espace public, nourri par les discours de l’extrême-droite et amplifié par l’anonymat et la viralité des réseaux sociaux », a déclaré la Ligue des droits de l’Homme. Phénomène encouragé par des propagandistes de l’extrême droite présents dans les rédactions et sur les plateaux TV, tel Pascal Praud sur CNews, chaîne haineuse détenue par le milliardaire Vincent Bolloré. Heureusement, une résistance s’est organisée : l’AJAR, association des journalistes antiracistes et racisé·es, lutte contre le racisme dans les médias, et ce, dès les écoles de journalisme. Cette association est née à la suite d’une tribune publiée dans le journal Libération en 2023 et signée par plus de 160 journalistes. « Nous croyons qu’un autre traitement médiatique est possible, respectueux des personnes, donnant la parole aux concerné·es. Les dynamiques racistes méritent une attention sérieuse et une couverture médiatique exigeante. Cela passe aussi par le recrutement de personnes racisées ». Le rôle des journalistes est d’informer la population, pas de la diviser…
Thomas Kekenbosch (président), Laetitia Boutrais
« Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle » !
Pendant 6 ans, nous avons voulu faire de cette tribune une vigie des incendies qui enfument le présent et obscurcissent l’avenir. Nous avons chroniqué les ravages du réchauffement climatique et nos efforts pour empêcher la course vers l’abîme. Il va sans dire que la lutte pour atténuer son ampleur et nous adapter ne fait que commencer, telle la tempête Nils qui ravage à nouveau le Sud-Ouest. Nous avons alerté contre l’emprise croissante de la démagogie. L’argent de milliardaires d’extrême-droite nourrit des portées de polémistes futiles et vains, qui font fortune en abêtissant les foules et en attisant les haines et les violences. Mais nous avons aussi voulu souligner toute la beauté et la force des engagements. Syndicalistes, qui se battent chaque jour pour la dignité du travail. Collectifs antiracistes, pour faire front aux nuées haineuses, et toiser avec confiance leurs racines historiques. Camarades féministes, qui ont œuvré pour visibiliser les luttes des femmes. Associations écologistes, qui ne cessent de faire progresser les consciences. Il est certes difficile parfois, le matin, d’allumer la radio. Mais nous avons ici la chance, à Cachan, de pouvoir compter sur une solidarité réelle, des réseaux de fraternité solides, des esprits libres et énergiques, sans lesquels toute action publique serait vaine. Que ce soit en théâtre, en peintures, en chansons, ou en matchs de foot, la joie est révolutionnaire et antifasciste. Si demain le combat devait se durcir, nous pourrions compter sur tout cela. Renforçons-les sans tarder. « Que faisiez-vous, mon cher, au cœur de la rafale ? Je chantais, et les autres ne s’en privaient pas ».
Fatoumata Bakily (présidente), Mohammadou Galoko, Zeïma Yahaya, Mattéo Almosnino
À toutes les filles, à toutes les femmes
Le 8 mars. Une journée pour célébrer les droits des femmes, une journée au cours de laquelle elles sont mises à l’honneur. Mais comment se satisfaire de cet unique symbole quand, partout dans le monde, la moitié de l’humanité est victime de discriminations en raison de son genre. Lorsque la moitié de l’humanité est victime de violences en raison de son genre. Lorsque la moitié de l’humanité risque de mourir sous les coups de l’un de ses proches masculins en raison de son genre. En France, patrie des droits de l’homme (et non des droits humains… quel symbole !), les textes ne manquent pas pour proclamer l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais dans les faits, dès la petite enfance, les filles sont confrontées aux inégalités et aux violences sexistes et sexuelles tantôt sourdes, tantôt bruyantes. Et si cela ne suffisait pas, certaines sont confrontées, en plus du sexisme, à la violence trop souvent ignorée du racisme.
C’est pourquoi il faut rappeler que les luttes féministes doivent être intersectionnelles afin de lutter pour les droits de toutes les femmes. Il est vital de nommer et de reconnaître les violences subies par toutes les femmes en raison de qui elles sont et de leurs réalités sociales.
Le 8 mars doit être une journée pour célébrer les droits de toutes les filles et toutes les femmes indépendamment de qui elles sont ; de leurs croyances ; de ce qu’elles portent ou ne portent pas sur la tête et de la longueur de leur jupe.
Dominique Lanoë (président), Lionel Jeanjean
En un destin commun : pour un droit de vote universel aux élections locales
Les élections municipales qui se tiendront dans quelques jours sont les plus proches des habitants. Enfin, pas de tous. Une fois de plus, les résidents étrangers (hors UE) ne pourront pas voter. Pourtant, par 3 fois en 45 ans, la proposition du droit de vote pour les étrangers aux élections municipales était dans le programme de présidents de la République élus. En 2001, seuls les ressortissants des pays de l’UE l’ont obtenu. Dans un sondage pour la « Lettre de la citoyenneté » : 66 % des Français se déclarent favorables au vote de tous les résidents étrangers aux élections locales. Ce droit de vote existe déjà dans de nombreux pays sans que cela ne pose le moindre problème. Reconnaître ce droit, à toutes celles et ceux qui partagent une communauté de destin, c’est accepter d’inclure au débat et aux décisions ces habitants qui (à Cachan comme ailleurs), par leurs impôts et leur travail au quotidien, contribuent à la vie économique et sociale, associative et sportive de nos communes. Ceux-là mêmes qui sont aussi des voisin·e·s, des collègues, des commerçants, des parents d’élèves, parfois des conjoints… Et on ne serait pas capables de voter ensemble pour choisir un avenir à la ville ? Depuis l’instauration du suffrage universel masculin en 1848 jusqu’au droit de vote des femmes en 1944, l’élargissement du suffrage universel reste un long combat. Depuis plus de 40 ans, des personnalités, des associations dont la Ligue des Droits de l’Homme, demandent le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales pour toutes et tous.
Nous soutiendrons toujours ce qui consolide le vivre-ensemble dans un destin commun.
Groupes d’opposition
Maxime Mégret-Merger (président), Alain Ospital, Olivier Fallou, Marc Savariau
Tribune non parvenue dans les délais
Michèle Eskinazi (présidente) et José Caramez
Groupe Mieux Vivre en Synergie
L’extrême gauche continue de faire parler d’elle au niveau national dans des faits divers de plus en plus glauques et nauséabonds.
L’antidémocratie est à son comble. Aujourd’hui, lorsqu’on défend son opinion, on risque d’y perdre la vie.
Dire qu’à une époque, en France, la liberté d’expression était censée être l’apanage de la gauche.
Rappelons-nous qu’aux dernières élections législatives, les partis centristes ont appelé à voter pour les représentants de cette extrême. Quelle tristesse !
La vie politique française est vraiment en dessous de tout et décourage une majorité de Français d’aller voter. Cela est bien dommage, car c’est en s’exprimant dans les urnes que l’on peut espérer du changement…



