Tribunes Cachan Mag – Expression des groupes du conseil municipal
Retrouvez sur cette page les tribunes des groupes du conseil municipal publiées chaque mois dans le Cachan Mag.
En application de la loi du 2 février 2002 relative à la démocratie de proximité, un espace d’expression est réservé aux groupes politiques composant le conseil municipal. Les textes, informations et chiffres publiés engagent l’unique responsabilité de leurs auteurs et reflètent leur seule opinion.
Les tribunes suivantes ont été publiées dans le n°366 de Cachan Mag (Février 2026).
Hélène de Comarmond, Samuel Besnard (président), Camille Vielhescaze, Caroline Carlier, Céline Di Mercurio, Hervé Willaime, Pierre-Yves Robin, Christine Rescoussié, Robert Orusco, Yseline Fourtic, Angélique Susini, Katia Touchet
La force ou le droit ?
Alors que notre monde est traversé par des tensions croissantes et exacerbées, l’actualité nous rappelle que le respect du droit international n’est pas un principe abstrait. Il est bien la condition première de la paix entre les nations et du respect des peuples souverains. L’opération militaire menée par les États-Unis au Venezuela et l’arrestation, puis l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, constituent une violation grave et inacceptable des fondements du droit international. Dénoncer ce coup de force n’exonère pas le régime de Caracas de ses lourdes responsabilités et de son indigence, notamment après des élections contestées de 2024.
Sous couvert de lutte contre le narcotrafic, l’action unilatérale des États-Unis renoue avec une logique d’ingérence, traitant l’Amérique latine comme une simple zone d’influence. En s’affranchissant de la Charte des Nations unies, les États-Unis envoient un signal très inquiétant qui favorise l’abus des puissances tentées par le recours au fait accompli et à la loi du plus fort. La France et l’Union européenne ne peuvent se contenter de silences embarrassés ou de positions ambiguës, au risque de s’effacer durablement de la scène internationale. Nous saluons à ce titre la clarté de la position exprimée par le gouvernement espagnol. En revanche, nous regrettons amèrement l’attitude honteuse et humiliante pour notre pays et notre peuple d’un président de la République silencieux semblant acquiescer cet état de fait de l’usage de la force contre le droit. Il est aujourd’hui indispensable que l’ONU soit pleinement mandatée pour évaluer les conséquences de cette intervention, apporter l’aide humanitaire nécessaire et créer les conditions permettant au peuple vénézuélien de choisir librement et démocratiquement son avenir. C’est ce combat pour le droit, la paix et la dignité des peuples que nous continuerons de porter.
Jacques Foulon (président), Sylvie Darracq, Georges Thimotée
SCOOP ?
Selon l’ancien ministre de l’Économie, des « milliers » de personnes fortunées ne paient « aucun impôt sur le revenu ». En effet, Éric Lombard, a affirmé sur la base d’une analyse du fisc que des « milliers » de personnes fortunées ne paient « aucun impôt sur le revenu », et qu’ Au lieu de payer des charges sociales sur leur salaire, ils se font rémunérer dans les holdings. Ces mécanismes sont légaux, mais injustes. Ce n’est pas une surprise, là où les comptes bancaires de l’immense majorité des Français sont alimentés à 90 % par les salaires ou pensions de retraite, les revenus des plus riches sont composés à 47 % de valeurs mobilières (dividendes et revenus tirés d’obligations), à 38 % de salaires et retraites, à 11 % de bénéfices professionnels et à 3 % de revenus fonciers. Si elles n’expliquent pas tout, les différentes réformes fiscales libérales jouent un rôle. La baisse du taux de l’impôt sur les sociétés et des impôts de production et la transformation du CICE en allègement pérenne de cotisations sociales, ont très majoritairement bénéficié aux grandes entreprises, boostant les distributions de dividendes. De plus, l’instauration en 2018 de la flat tax, prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital, a clairement profité aux plus riches. Alors que 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, les patrimoines des ultrariches ont plus que doublé en 6 ans. L’exigence de justice fiscale, qui veut que chacun paie sa juste part, monte dans le pays, une grande réforme de la fiscalité s’impose.
En Iran, le régime des mollahs utilise, comme Assad en Syrie, son dernier recours : la force contre son propre peuple. Khamenei et ses pasdarans répriment dans le sang les manifestations contre la vie chère : plus de 3 400 tués au moment de finaliser cette tribune. S’y ajoutent les procès à venir dans un État qui a condamné à mort et exécuté plus de 1 500 personnes en 2025. Toute la société iranienne est en mouvement, espérons que le peuple iranien opprimé saura se libérer par lui-même, sans intervention extérieure. Les interventions extérieures, parlons-en ! Le président Trump vient de kidnapper le dictateur Maduro, sans grande réaction de l’ONU. Motif affiché : une opération de police contre le narcotrafic. Objectifs réels : priver Cuba et la Chine de pétrole et envoyer un message au monde sur l’impérialisme américain. Prochaines cibles : la Colombie, le Mexique… La libération du peuple vénézuélien et le retour à la démocratie ne sont pas dans les intentions de Trump, qui a disqualifié Mme Machado, principale opposante, qui lui a soufflé le Prix Nobel de la Paix qu’il convoitait. « Goofy » Donald a aussi réaffirmé sa revendication du Groenland (pour libérer son peuple des Danois ?) et interdit le territoire US à l’ex-commissaire européen Thierry Breton, en rétorsion de la directive sur les services numériques jugée contraire aux intérêts des GAFAM. Et l’Europe, comment réplique-t-elle à ces agressions ?
La désinformation est un des principaux risques pour le monde d’ici 2027 selon le Forum économique mondial
Dans notre monde ultra-connecté, les informations sont produites et circulent en continu. Cette facilité donne voix au chapitre au plus grand nombre, pour le meilleur comme pour le pire. Dès lors que les algorithmes des réseaux sociaux privilégient le sensationnel, les propos outranciers, violents et haineux sont diffusés 10 fois plus que les autres. Depuis quelques années, les fausses informations sont également produites et relayées à grande échelle pour déstabiliser des États. La déferlante de faux comptes, d’informations mensongères et d’images truquées présente des risques importants pour nos démocraties. Elle sape la confiance des citoyens dans les institutions et les processus démocratiques, et exacerbe les divisions au sein des pays et entre eux.
Face à cela, des réponses institutionnelles et sécuritaires s’organisent contre les ingérences numériques étrangères. Au niveau sociétal, beaucoup reste à faire. Alors que les enfants sont exposés de plus en plus tôt aux contenus en ligne, l’éducation à l’information et aux médias doit devenir une priorité de l’Éducation nationale. Les enfants doivent apprendre ce qu’est une information, comment on en vérifie la source et pouvoir exercer leur libre arbitre avant de la partager. La formation aux médias et aux risques liés à l’information en ligne doit également concerner les adultes. Il en va de la cohésion de notre société et de la survie de notre démocratie. L’heure de la mobilisation politique et citoyenne a sonné !
Thomas Kekenbosch (président), Laetitia Boutrais
Nous pouvons encore enrayer la pente vers le désastre.
Pétrole, matériaux critiques : D. Trump veut s’emparer des trésors du Groenland. Il est prêt pour cela à réduire en miettes l’ordre international et à faire chanter ses plus proches alliés. Ses financeurs technofascistes imaginent déjà y installer des villes privées, dystopies libertariennes sans règles ni contraintes. Les armées sont mobilisées au profit de quelques-uns. Le droit international est mis au placard au Venezuela et continue d’être piétiné à Gaza, donnant quitus à tous les tyrans, de Moscou à Téhéran. En ce début 2026, le capitalisme fossile accélère la pente vers le désastre. Leurs armes sont la sidération et la désinformation de masse. En France, quelques milliardaires s’attaquent aux médias. C’est que notre pays, comme l’Europe, peuvent encore incarner un contre-modèle. Or, ces dernières semaines, la Commission européenne, sous contrôle de la droite et de l’extrême droite, a démantelé les régulations environnementales (la directive « Omnibus »). Elle a signé un traité humiliant avec les USA que Trump trahit déjà. Elle a finalisé avec le Mercosur un traité d’un autre temps, pour vendre des bagnoles thermiques en sacrifiant les normes qui nous protègent.
Notre modèle social, notre droit du travail, nos services publics : voilà nos armes pour enrayer la course au pire. Que ce terrible début d’année nous rappelle une évidence : la démocratie n’est jamais donnée. Si l’on cesse de se battre pour elle, d’autres s’affairent pour la détruire. Alors en 2026, plus que jamais : engageons-nous, ici à Cachan comme partout, dans les syndicats, les associations, les partis, et bâtissons les liens qui nous permettent de résister.
Dans une société démocratique, la parole ne devrait jamais être un risque. Pourtant, chacun peut constater que le climat s’est durci. Les échanges se tendent, les mots blessent, et le désaccord glisse parfois vers l’intimidation. Lorsque l’expression d’une opinion devient difficile, c’est le signe d’un affaiblissement du dialogue et de la reconnaissance de l’autre. À Cachan, comme ailleurs, la démocratie locale repose sur la capacité de chacune et chacun à s’exprimer librement, dans le respect et sans crainte. La vitalité de notre commune tient à la qualité du dialogue entre élus, acteurs associatifs et habitants, et à la possibilité pour toutes les voix d’être entendues. Le silence n’est jamais neutre. Il s’installe lorsque la peur, la pression ou la violence, y compris verbale, prennent le pas sur l’écoute et le respect. Peu à peu, certaines voix se taisent, non par manque d’idées, mais pour éviter les tensions ou les représailles. Cette situation fragilise notre vie collective et affaiblit les fondements mêmes de la démocratie locale. Le débat, la contradiction et la pluralité des points de vue sont des richesses. Les préserver est une responsabilité partagée. Défendre la liberté de parole, c’est défendre une démocratie vivante, respectueuse et inclusive. Bien souvent, ce sont les femmes que l’on tente de bâillonner. Pourtant, elles ne se laissent ni impressionner ni réduire au silence, ni par la misogynie ni par le machisme.
Dominique Lanoë (président), Lionel Jeanjean
2026 nous plonge dans le chaos du monde
À peine commencée, l’année 2026 s’engage bien mal ! De la guerre en Ukraine ou au Soudan, à la tragédie sans fin à Gaza et en Palestine avec plus de 300 morts dont 100 enfants depuis le « cessez-le-feu », il faut ajouter la détermination du président états-unien à étendre le chaos sur tous les fronts ! Voilà que Trump, à l’encontre de toutes les règles du droit international, fait enlever un chef d’état ! Toujours animé par son entreprise impérialiste, le même Trump confirme sa volonté de hold-up sur l’ensemble des ressources en visant le Groenland avec son très riche sous-sol. Alors demain, à qui le tour ? Un espoir peut-être : l’insoumission des manifestations populaires en Iran qui réclament le droit à une vie digne et qui témoignent de l’impasse d’un pouvoir religieux à gérer une société sans la bâillonner. Malgré tout, l’inquiétude renaît en constatant d’un côté leur terrible répression, et de l’autre Trump et ses alliés régionaux qui tentent d’imposer un retour à la dictature du Shah. En France, la révolte des agriculteurs contre l’accord de libre-échange avec le Mercosur a finalement poussé Macron à renoncer à signer cet accord qui ne sert que les grands groupes des industries de l’agro-alimentaire au détriment des paysans et de la santé des consommateurs. Pour autant, l’accord est désormais validé par l’Union européenne, nous ne pouvons plus compter maintenant que sur de nouvelles mobilisations pour empêcher l’application du Mercosur. La pression populaire peut faire reculer les intérêts des puissants. Ici, vous pouvez compter sur la France insoumise.
Groupes d’opposition
Maxime Mégret-Merger (président), Alain Ospital, Olivier Fallou, Marc Savariau
Tribune non parvenue dans les délais
Michèle Eskinazi (présidente) et José Caramez
5 – Relancer le commerce local : un engagement pour 2026
Dans une commune de la petite couronne comme la nôtre, le commerce local joue un rôle essentiel. Il anime nos quartiers, crée de l’emploi de proximité et contribue à la qualité de vie. Pourtant, les mutations économiques, la concurrence des grandes zones commerciales et du commerce en ligne, ainsi que les enjeux de mobilité, fragilisent de nombreux commerces. Face à ces constats, il est temps de faire du commerce local une priorité municipale. À l’approche des élections de 2026, nous portons l’engagement de construire une politique commerciale ambitieuse, en lien étroit avec les commerçants et les habitants. Notre projet repose sur un accompagnement renforcé des commerces, la lutte contre la vacance des locaux, le soutien aux indépendants, la simplification des démarches et l’aide à la transition numérique. La municipalité doit être un partenaire facilitateur du développement économique local.
Il est également indispensable de rendre l’ensemble des zones commerçantes plus attractives et plus chaleureuses : espaces publics mieux aménagés, végétalisation, éclairage adapté, terrasses, animations et événements de proximité : des lieux vivants, conviviaux et accessibles.
En 2026, nous proposerons aux habitants une ambition claire : une ville plus vivante, plus équilibrée et plus commerçante. En vue des municipales, venez rejoindre notre liste : Alternative à Cachan !