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Pascale Bougeault

Globe-croqueuse

Depuis plus de 30 ans, l’illustratrice et autrice jeunesse Pascale Bougeault promène ses carnets entre Cachan, Arcueil et les routes du monde, avec une même boussole : la rencontre.

Faire du dessin une manière d’habiter le monde. Tel est le credo de Pascale Bougeault, pour qui le voyage reste son premier atelier. C’est d’ailleurs au Togo qu’elle fait ses premières esquisses. Au fil de ses séjours, elle remplit ses carnets de croquis pris sur le vif. Et ses dessins lui ouvrent les portes de L’école des loisirs en 1993 avec l’illustration de la série Mimi. Une quarantaine d’albums suivent, nourris par les cultures du monde et les récits glanés au fil des rencontres. Ses histoires et personnages, comme la pétillante Mimi, invitent ainsi les enfants à porter leurs regards ailleurs. Mais en 2006, la rencontre se joue à quelques rues de chez elle. À Cachan, des centaines d’occupants d’une résidence universitaire du CROUS, expulsés en août, sont accueillis par la Ville au gymnase Belle Image dans l’attente d’une solution à leur situation. Elle découvre un lieu saturé de matelas, de sacs, de fatigue, de colère, mais aussi une solidarité exceptionnelle. « Comme beaucoup de Cachanais, j’ai proposé mon aide. Seule, gênée, sans savoir vers qui me diriger, je cherche alors un regard auquel m’accrocher et croise celui de Maïmouna », se souvient-elle. La confiance s’installe. Suffisamment pour sortir ses pinceaux, sa manière à elle de se sentir à sa place. Sous sa plume, Maïmouna, Fatou, Bintou et d’autres femmes deviennent Les Reines du gymnase, une série de portraits qui fera l’objet de plusieurs expositions.

Des rencontres et des dessins

Ses aquarelles colorées font éclater la dignité et la beauté de ses modèles, plutôt que leur précarité. C’est cette attention à l’autre qui irrigue toute son oeuvre. On la retrouve dans une autre série de croquis initiée chez son amie, une figure du quartier de La Plaine, Zineb Chaman. Ce projet la mène jusque dans un quartier populaire d’Alger d’où elle revient avec le livre illustré Beau Fraisier. Ses dessins, accompagnés de textes du poète Habib Tengour, sont décrits alors par Robert Cadalbert, conseiller régional d’Île-de-France, comme « l’aboutissement d’une démarche sensible, basée sur la rencontre et la confiance pour faire émerger les aspects culturels et quotidiens de personnes qui viennent enrichir notre approche ». Pascale a ce talent : s’illustrer dans le croquis pris sur le vif, saisir des ambiances et l’intimité de ses sujets. En témoigne Viens chez nous où elle dessine des familles qui lui ouvrent leur porte de La Guyane jusqu’à Villeneuve-la-Garenne en passant par… Cachan, premier voyage de cette série d’albums. La ville de « mon histoire familiale, amicale, culturelle », dit-elle. Un ancrage qui fait écho à son parcours entre engagement social et artistique.

Bio express

1958 : Naissance à Bourges
1986 : École des Arts appliqués Duperré
Années 1980 : Ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris
1991 : La Siesta, texte d’Anne Baraou (éd. Hors Gabarit)
1993 : Premier album à L’école des loisirs : Mimi perd sa place. De nombreux suivront…
2006 : Portraits in situ de femmes installées dans le gymnase Belle Image. Origine de l’album Les Reines du gymnase (éd. Felis)
2008 : Beau Fraisier, texte de Habib Tengour (éd. Amandie)
Avril 2026 : Viens chez nous à Villeneuve-la-Garenne (éd. Felis), ouvrage plurilingue
30 et 31 mai 2026 : Exposition Les Reines du gymnase au salon des livres féministes Délivrées ! (Arcueil)