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Dans le cadre des travaux de renouvellement de la canalisation du réseau d’eau potable, la régie Eau, Seine & Bièvre interviendra mardi 2 juin 2026, rue Étienne-Dolet. Une coupure d'eau est donc prévue entre 9h et 16h.

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Hommage à Julio Le Parc

Hommage

Julio Le Parc nous a quittés le 30 mai 2026, à Paris, à l’âge de 97 ans. Figure mondiale de l’art cinétique, plasticien de la lumière et du mouvement, il était aussi, profondément et fidèlement, un artiste cachanais.

Né le 23 septembre 1928 à Mendoza, en Argentine, Julio Le Parc a grandi dans une famille modeste avant de se former aux Beaux-Arts de Buenos Aires. Animé dès sa jeunesse d’une double conviction – que l’art doit être accessible à tous et qu’il peut contribuer à changer le monde – il quitte l’Argentine pour Paris en 1958. En 1960, il cofonde le GRAV (groupe de recherche d’art visuel), avec d’autres artistes venus d’Amérique latine et d’Europe, posant les bases d’un art expérimental, collectif et résolument tourné vers le spectateur.

Cachan, une vie, un atelier, une famille

En 1970, Julio Le Parc s’installe à Cachan avec son épouse Martha, elle-même artiste textile de renommée internationale, disparue en 2025. C’est rue Cousté qu’il choisit d’installer son atelier et d’y ancrer durablement sa vie et son œuvre. Cachan n’est pas qu’une simple adresse : c’est le lieu où il pense, crée, expérimente, auprès des siens et de ses proches venus du monde entier.

Pendant plus de cinquante ans, les Cachanais ont pu croiser cette silhouette discrète, toujours disponible, toujours curieux. Son atelier de Cachan était bien plus qu’un lieu de production. C’était un espace vivant, ouvert, où se mêlaient les générations, les disciplines et les langues, et un reflet de ce qu’il pensait de l’art : un bien commun, à partager sans réserve.

Un artiste au service du mouvement et de la liberté

Considéré comme l’un des pères de l’art optique (Op Art) et de l’art cinétique, Julio Le Parc a fait de la lumière, de la couleur, du mouvement et de la perception les matières premières de son œuvre. Ses jeux de miroirs, ses mobiles, ses reliefs, ses structures lumineuses et ses installations ne sont pas de simples objets de contemplation : ils changent selon les déplacements du visiteur, troublent le regard, invitent chacun à faire l’expérience physique de l’œuvre.

Pour Julio Le Parc, le spectateur ne devait pas rester immobile face à l’art. Il devait être surpris, sollicité, parfois désorienté, toujours libre d’entrer dans l’œuvre à sa manière. Cette ambition, au cœur des recherches du GRAV, a contribué à faire de lui l’un des pionniers d’un art immersif et participatif, bien avant que ces termes ne deviennent courants. L’artiste aimait à dire que si ses œuvres mettent les gens en joie, c’est déjà gagné.

Engagé toute sa vie contre les dictatures et pour la liberté des peuples, il n’a jamais séparé son art de ses convictions. Refusant les honneurs officiels lorsqu’ils lui semblaient contradictoires avec ses valeurs, il a traversé les décennies sans se renier.

La Ville de Cachan avait eu l’honneur de mettre à l’honneur son œuvre Alchimie 396 pour sa carte de vœux de l’année des Jeux olympiques 2024. Ce triptyque célèbre le mouvement, la lumière et la fraternité entre les peuples, valeurs que Julio Le Parc a incarnées tout au long de sa vie.

Une reconnaissance mondiale, de Venise à Londres

Il obtient très tôt une reconnaissance internationale : en 1966, il reçoit le Grand Prix international de peinture à la Biennale de Venise, distinction majeure qui consacre son rôle dans le renouvellement de l’art contemporain. La même année, il expose à New York. Plus tard, ses œuvres entrent dans de grandes collections internationales, du Centre Pompidou à Paris à la Tate Modern de Londres, en passant par le MoMA de New York et le MALBA de Buenos Aires.

Il expose à de nombreuses reprises à Cachan, lors des biennales d’art contemporain ou des ateliers d’artistes Chemins d’art. En 2005, il réalise Vertige vertical à l’Orangerie, un spectacle poétique et lumineux inspiré des poèmes du grand poète argentin Roberto Juarroz.

En France, la grande monographie que lui consacre le Palais de Tokyo en 2013 confirme auprès d’un large public l’actualité de son œuvre, entre peintures, sculptures, installations monumentales et expériences lumineuses.

Il disparaît à l’aube de l’ouverture d’une grande rétrospective dédiée à son parcours, qui ouvrira le 11 juin à la Tate Modern de Londres, où les visiteurs pourront admirer plus de 60 de ses œuvres jusqu’au 3 mai 2027.

Hélène de Comarmond, maire de Cachan, les élus du conseil municipal et les agents de la Ville adressent leur plus sincères condoléances à la famille de Julio Le parc et à ses proches.

Crédits photo : Adán Jones, Atelier Le Parc.