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Jean-Paul Douziech

Un Dalí à Cachan

Sculpteur emblématique de Cachan, Jean-Paul Douziech fête ses 80 balais dans sa ville dès le 18 mai. Retour sur le parcours d’un artiste pluridisciplinaire qui étonne et détonne par son art iconoclaste et où humour rime avec poésie.

Dès potron-minet, Jean-Paul Douziech est à l’oeuvre. Chez lui, l’inspiration arrive « sur un plateau, au réveil ». Pas de temps à perdre, il faut mettre à profit le fruit de la nuit et « exécuter ce qui m’est venu. Mes idées partent dans tous les sens : je les note et dois les réaliser pour en être libéré », note celui qui décrit alors un « état d’hypnose » entre rêve et réalité, qui colle bien avec l’esprit de Dalí, l’artiste qui a sûrement révélé le surréaliste sommeillant en lui. Avant de le rencontrer chez l’imprimeur Draeger, « j’avais déjà ce décalage en moi » et peut-être aussi quelques gènes artistiques, hérités d’un père dessinateur et d’un grand-père peintre. Précoce, l’étudiant de l’École nationale d’art et de dessin exécute sa première commande à 17 ans : une fresque pour l’église Saint- Joseph de Montrouge. Plus tard, à 22 ans, il réalise la mise en page du Dalí de Draeger et une première maquette du musée espagnol de Figueras. Cette collaboration lui vaut d’ailleurs d’être dénommé… Dalí.

Facéties fantastico-artistiques

Architectures extravagantes, bestiaire chimérique peuplé de « Chèvrefeuille » ou de « Rhinoféroce » hérissé de canons nourrissent son imaginaire fantastique. « Je préfère le dodo ou le cochon aux bêtes nobles et me sers de ces animaux pour instruire les hommes », à la manière de La Fontaine. Ses recherches séduisent galeries et musées jusqu’au leader de U2, Bono, pour qui il a imaginé des grilles pour sa propriété du sud de la France et « chez qui j’ai dormi, sans le croiser ». Se définissant comme « obsédé textuel », Douziech s’amuse et interroge la création, le langage, les sens cachés.

Chez lui, l’art mêle les genres : sculpture, peinture, poésie, aphorisme… comme les matériaux. Du bois, de la récup’, des portes, un pied de chaise qui devient un os ou inversement. À Cachan, où il reconnaît avoir « beaucoup de fans », l’artiste a laissé son empreinte avec la Main de Dieu, visible devant l’Orangerie. Pour sa prochaine exposition, celui qui est aussi engagé dans l’association Chemins d’art, qui orchestre des manifestations culturelles collectives, a choisi une centaine d’œuvres. Parmi elles : une installation éphémère de 80 balais plantés sur des pieds colorés dans la cour de l’Orangerie. L’occasion de plonger dans son univers fantastique et de découvrir toutes ses facétieuses facettes.

Bio express

1946 : naissance à Montrouge
1962-1964 : École nationale d’art et dessin de la rue Madame (Paris)
1963 : commande pour l’église Saint-Joseph de Montrouge
1968 : rencontre avec Dalí
1981 : installation à Cachan
2001 : Le carnaval des animaux et autres, spectacle poétique autour des sculptures de Douziech, au théâtre des Déchargeurs
Du 18 mai au 4 juillet 2026 : exposition à l’Orangerie et à la galerie du théâtre, pour fêter ses 80 ans

Crédit photo : Henri Perrot