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Ginette Kolinka à Cachan : un témoignage inoubliable pour les collégiens de Paul Bert

Jeunesse

Jeudi 12 mars 2026, le collège Paul Bert recevait l’une des dernières voix vivantes de la Shoah en France. Pendant trois heures, Ginette Kolinka, 101 ans, a tenu en haleine élèves et professeurs par la force brute d’un récit.

Dans la grande salle du réfectoire, élèves de troisième, professeurs, la maire de Cachan, Hélène de Comarmond – dont la grand-tante, Danielle Casanova, résistante, est morte en déportation – et Liliane Younès, présidente de l’association des Ateliers du Val-de-Bièvre attendent un témoignage rare : celui de Ginette Kolinka, survivante d’Auschwitz-Birkenau et figure incontournable du devoir de mémoire en France. Après les mots d’accueil de Mme Antoine, principale du collège, et de M. Maurel, professeur d’histoire-géographie, le silence se fait. Ginette Kolinka prend la parole.

Le récit d’une vie arrachée à l’oubli

Ginette Kolinka évoque d’abord son adolescence sous l’Occupation. Début juillet 1942, sa famille, comme des milliers de familles juives, franchit clandestinement la ligne de démarcation pour se réfugier en zone libre, à Avignon. Le 13 mars 1944, la Gestapo l’arrête avec son père, son frère et son neveu. Emprisonnés à Drancy, ils sont déportés vers Auschwitz-Birkenau par le convoi 71. Son père et son frère sont assassinés dès leur arrivée. Elle a alors 19 ans lorsqu’elle est sélectionnée pour le travail forcé. Elle survivra aux camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt avant de rentrer à Paris le 6 juin 1945, retrouvant sa mère et quatre de ses sœurs.

Pendant près de trois heures, les mots sont simples, directs, empreints d’une immense dignité. Quand une élève lui demande ce qu’elle ressent en racontant son histoire, la réponse fuse, sans détour : « Peu importe. Je ne suis pas là pour vous faire pleurer, mais pour que cela n’arrive plus jamais ! »

C’est par ces mots, que l’on espère garder en mémoire longtemps, que Ginette Kolinka choisit de s’adresser aux jeunes Cachanaises et Cachanais : « N’oubliez pas que c’est la haine qui est à l’origine de ces millions de morts. Vous ne pouvez pas aimer tout le monde, mais vous devez respecter les autres ! »

Une précieuse gardienne de la mémoire

La venue de Ginette Kolinka au collège Paul Bert s’inscrit dans un engagement qui force l’admiration. Depuis le début des années 2000, elle sillonne le pays pour raconter son vécu aux jeunes générations, d’établissement en établissement. Son objectif est clair : que les jeunes qui l’écoutent deviennent à leur tour des passeurs de mémoire.

À l’heure où les derniers témoins directs de la Shoah nous quittent, la présence de Ginette Kolinka au collège Paul Bert est bien plus qu’une simple rencontre : c’est un moment rare et précieux, une mémoire vivante transmise de génération en génération, dans une ville qui n’oublie pas.

 

Son témoignage résonne avec une force toute particulière dans Adieu Birkenau (2023), récit poignant de son retour au camp d’Auschwitz-Birkenau — un ouvrage disponible en libre accès à la médiathèque Toni Morrison de Cachan.