L’hôtel de ville
Le projet de construction de l’hôtel de ville date de 1929. Suite à la scission avec Arcueil, la ville de cachan dispose de peu d’équipements publics et c’est un bâtiment du 19e siècle qui fait alors office de mairie provisoire.
En 1932, Léon Eyrolles, maire de la commune (1929-1944), impulse la construction de plusieurs équipements municipaux dont les groupes scolaires Paul Doumer, Coteau et l’école maternelle Belle-image.
Pour l’hôtel de ville, le parti pris est résolument moderniste avec de grands volumes. Les architectes choisis par Léon Eyrolles, Jean-Baptiste Mathon et Joannès Cholet, s’inspirent de la tendance moderniste hollandaise. C’est ainsi que le bâtiment que nous connaissons aujourd’hui a été réalisé à la manière de l’hôtel de ville d’Hilversum, aux Pays Bas.
Un hôtel de ville restauré, entre patrimoine et modernité
Emblématique des constructions des années 1930, inauguré en 1935, l’hôtel de ville est un monument de référence en architecture. Plusieurs espaces sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques : la salle d’honneur, le grand escalier, la salle des pas perdus et celle du conseil municipal, les façades, etc.
L’hôtel de ville a fait l’objet d’une rénovation d’ampleur menée entre 2016 et 2020, dans la continuité des aménagements du centre-ville engagés dans les années 50 par Jacques Carat : la zone d’aménagement concerté (ZAC) du centre-ville puis la ZAC Desmoulins, les rives de Bièvre et la réhabilitation du quartier Cousté-Dolet.
Ce projet majeur a permis de préserver et de valoriser un édifice emblématique de l’histoire locale, tout en l’adaptant aux usages contemporains. Les interventions sur les espaces classés, ainsi que sur les éléments décoratifs remarquables tels que les peintures, tapisseries, sculptures et vitraux, redonné toute leur lisibilité aux œuvres représentatives de l’art et de la culture de la ville.
Les travaux sur les façades, les fenêtres et les terrasses ont permis d’améliorer l’isolation du bâtiment et son bilan énergétique. Une attention particulière a été accordée au rétablissement de l’entrée principale par la rue Camille-Desmoulins, comme c’était le cas à l’origine, et la mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
La rénovation a aussi permis d’inscrire l’hôtel de ville dans l’ère du numérique grâce à l’installation de bornes interactives et à l’accès gratuit au Wi-Fi à l’intérieur du bâtiment.
L’édifice conjugue désormais respect du patrimoine, qualité de service public et modernité.
Un parvis et des abords réaménagés au service du cadre de vie
Dernière étape du grand projet, l’aménagement des abords de l’hôtel de ville s’est achevé après la rénovation complète du bâtiment. Ce volet a concerné le parvis, la place Gambetta, le square de la Libération et le parc Raspail, dans une volonté d’unifier ces espaces au sein d’une continuité paysagère urbaine. L’objectif était de reconquérir la nature et les espaces piétons, de lutter contre les îlots de chaleur et d’améliorer durablement le cadre de vie des habitants, tout en valorisant le patrimoine architectural de l’hôtel de ville et de la vallée de la Bièvre.
Ce projet s’est appuyé sur une large concertation citoyenne, menée en 2019 dans le cadre des ateliers » Parlons Ensemble de Cachan », au cours desquels de nombreux habitants ont exprimé leur souhait d’un cœur de ville plus apaisé.
Les aménagements réalisés favorisent les cheminements piétons et cyclables, les déplacements doux et les continuités entre l’hôtel de ville, le parc Raspail, les squares et les rues environnantes. Les revêtements minéraux clairs forment un grand plateau en calcaire de comblanchien, dans lequel s’insèrent des massifs qui permettent une gestion alternative des eaux fluviales. La végétalisation, composée d’essences peu gourmandes en eau et inspirée de la Bièvre, contribue également à la biodiversité et à la création d’îlots de fraîcheur. Enfin, un éclairage sobre et maîtrisé met en valeur le patrimoine bâti tout en respectant la tranquillité des riverains et l’environnement nocturne.
Croquis d’ambiance depuis le mail Raspail. Crédit : DR
Les acteurs du projet
Architectes : Agence Alluin et Mauduit, Agence Goutal
La rénovation du square de la Ninfe est réalisée par la Société des Grands Travaux (anciennement Société du Grand Paris), dans le cadre des travaux de la ligne de métro 15 Sud.
Partenaires ayant pris part au projet : ministère de la culture et de la communication, DRAC Île-de-France, ministère de l’intérieur, région Île-de-France.